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GW2 : le mystère du Rivage Perdu

Préparez-vous au combat, un danger menace l’Arche du Lion !
 

Chroniques


L’atmosphère devenait de plus en plus enfumée, au-fur-et-à-mesure que la journée avançait. Gégé, tavernier de son état et propriétaire du « Zèbre Bondissant », établissement de débit de boisson renommé de l’Arche du Lion, avait toujours un peu de mal à s’accoutumer au mélange des différentes odeurs de tabac que fumaient ses clients. Ses bronches restaient fragiles depuis ce fameux jour où, alors qu’il était encore Sergent de la Garde du Lion, un Draguerre vindicatif avait jeté sur lui un mélange toxique et très volatil. Sa convalescence avait été longue et il avait plusieurs fois failli passer de vie à trépas. Mais malgré les souffrances qu’il avait enduré, c’était des journées comme celle-là qui lui faisait aimer la vie. Depuis le milieu de la matinée, les clients affluaient de façon quasi-continue et l’argent rentrait dans les caisses sans discontinuer.

Norns, humains, asuras, et même quelques charrs, la clientèle était pour le moins hétérogène. On se vantait de ses exploits, on grognait contre la faiblesse de gens de sa Horde, on débattait pour savoir quel était le meilleur recombinant anizoïde utilisable dans les circonvolutions étheriques d’un splasmodiouf trombisulaire… Bref, la bonne bière Norn de Gégé le Tavernier s’avérait efficace pour délier les langues et faire surgir racontars, rumeurs et informations alléchantes. Et c’était précisément la raison de la présence de Taël au « Zèbre Bondissant ». Depuis 7 ans qu’il exerçait son apostolat dans le domaine du vol et des intrigues politiques, il avait appris à se fier aux informations recueillies dans les bouges des capitales. Et, pour tout ce qui touchait à la recherche d’information, l’Arche du Lion était une véritable terre d’abondance. Une cité remplie de soudards portés sur la boisson dont les seules occupations étaient de se vanter et de se battre, une foule d’individus facilement manipulables et qui ne demandaient qu’à partager leurs connaissances en échange d’une bière ou même de quelques piécettes.

C’est ainsi qu’enveloppé dans les ténèbres protectrices d’une alcôve qu’il affectionnait particulièrement pour son caractère excentré de la grande salle, il attendait sa prochaine mission. Alors qu’il prêtait l’oreille à la conversation animée d’un groupe de Charrs nouvellement arrivé, il vit surgir au beau milieu de la taverne une fillette terrorisée, guère plus haute qu’un mollet de Norn. La petite fille, en pleurs, attira instantanément l’attention de tous les clients du « Zèbre Bondissant », qui cessèrent net leurs conversations. Tous la regardèrent, constatant que ses vêtements étaient suffisamment rapiécés pour la faire passer pour une mendiante. Surmontant son appréhension et son angoisse, au milieu de tous ces boit-sans-soifs imbibés d’alcool, l’enfant explosa, hors d’haleine : « S’cours… Au s’cours, messieurs aidez moi ! Mon frère est attaqué ! »

Passées les premières secondes d’incompréhension, un murmure s’éleva parmi la clientèle, tandis que Gégé se précipitait vers la petite pour la soutenir et l’aider à se remettre de sa course folle. L’entraînant vers une table libre, il la fit s’asseoir, tandis que tous s’approchaient d’elle en essayant d’en savoir plus sur cette étrange petite humaine qui venait troubler leur beuverie. Sous les encouragements gentils du tavernier, la petite craqua. À la vitesse d’un cheval au galop, elle raconta ce qui lui était arrivé, à elle et à son frère. Ils étaient, comme à leur habitude, partis ce matin se promener aux alentours de la Cité. Tandis qu’elle s’amusait à lancer de petits cailloux sur son frère pour l’embêter, celui-ci avait fait une mauvaise chute et était passé au travers de ce qui semblait être un rideau de plantes grimpantes, accrochées à la falaise. Inquiète pour son grand-frère, Laëlan – puisque tel semblait être son nom – avait traversé à son tour cet écran végétal et s’était retrouvé, en compagnie de son frère, dans un boyau souterrain qui semblait traverser la montagne. L’air y était humide et moite, et une forte odeur d’iode se mêlait aux bruits des embruns de l’océan. Poussés par la curiosité, les deux enfants avaient continués à avancer sur quelques centaines de mètres avant de déboucher de nouveau à l’air libre. Laëlan n’en avait pas cru ses yeux : devant eux s’étendait une immense crique, recouverte tantôt de sable blanc, tantôt de petits galets ronds et parfaitement lisses. Son frère et elle, ébahit par ce spectacle, s’étaient avancés un peu dans cette terre qui semblait n’avoir été créée que pour eux. Les rayons du soleil caressaient leurs peaux et l’air de la mer toute proche, vivifiant et pur, était pour eux une ode à la baignade. Alors que la fillette continuait à jouer avec des galets et à se rouler sur le sable chaud, Kevin s’était approché de l’eau, pour aller se baigner.

À ce moment de son histoire, la fillette se mit à trembler de la tête aux pieds, visiblement choquée. Les yeux perdus dans le lointain, elle semblait revivre une scène de cauchemar. De longues minutes s’écoulèrent ainsi, dans un silence pesant, afin qu’un Charr, sans doute un peu plus alcoolisé que les autres, ou tout simplement plus bourrin, ne lance un tonitruant : « Alors, l’eau était bonne ? ». Cette phrase, toute stupide qu’elle fut, eu sur Laëlan l’effet d’un électrochoc. Ramenée brutalement à la réalité, réalisant toute l’horreur de se qui s’était passé, la fillette éclata en sanglots. Incapable de continuer, entourée par une bande de brutes avinées dont toute la finesse consistait à savoir s’ils écraseraient la tête de leur prochain adversaire sous leur botte ou à coups de masse, elle se leva brutalement de sa chaise et se mit à courir vers la porte, le visage caché dans ses mains.

Peu avant que la fillette, toujours en pleurs, n’atteigne la sortie de la taverne, un petit chuintement se fit entendre dans le silence gêné de la grande salle, qui bien vite se transforma en un hurlement strident, inhumain. Avant que quiconque n’ai pu amorcer le moindre geste, Taël s’était déjà levé, vérifiant les attaches de son pourpoint de cuir et de ses armes, et s’était rué au-dehors.

Tandis que le cri, désormais audible dans toute la cité, se faisait de plus en plus fort et strident, le voleur courait vers la plage, mu à la fois par son instinct et par l’inquiétude suscité en lui par l’histoire de la fillette. Au moment même où il arriva au bord de l’eau, le hurlement s’arrêta aussi soudainement qu’il s’était fait entendre. Regardant les flots qui, devant lui, miroitaient sous le soleil, il remarqua les fines bulles qui semblaient remonter tout droit des profondeurs. Suivant son instinct qui l’avait maintes et maintes fois tenu en vie, il adopta une posture plus combative, tout en s’éloignant un peu de l’eau. À peine ses mains s’étaient-elles posées sur les pommeaux de ses dagues que la mer devant lui sembla se soulever, comme sous l’effet d’une explosion sous-marine. Le monstre qui émergea alors de l’écume manqua de le faire défaillir. Taël le reconnaissait, il en avait vu des reproductions dans la grande bibliothèque de l’Ordre des Soupirs, alors qu’il feuilletait les grimoires les plus anciens et les plus secrets de la Confrérie… Une carapace dure comme l’acier, des pattes aussi agiles que celles d’une araignée et une mâchoire à la dentition plus acérée que celle d’un Drake, sans parler de sa taille largement supérieure à celle d’un Norn… Un Karkas ! Un ancien démon des eaux ! Cette race était décrite, dans l’ancien Grimoire des Embrunts, comme particulièrement mortelle. Les plus anciens spécimens pouvaient, d’après ce que Taël avait lu, se rouler en boule pour écraser plusieurs ennemis d’un coup, cracher du venin ou de la résine paralysante et pondre de multiples œufs dont sortaient une grande quantité de petits karkas, aptes à submerger les lignes ennemies.

Tout grand combattant qu’il fût, Taël savait pertinemment qu’il ne pourrait lutter seul contre le monstre qui se trouvait devant lui. Une seule de ces créatures oubliées constituait déjà un gros risque pour toute la cité. Alors qu’il observait le Karkas qui lui faisait face, le voleur perçut dans le regard du monstre, toute son intelligence et sa malveillance. Il était clair qu’il n’était pas remonté à la surface du monde uniquement respirer l’air frais…

Observant les alentours afin d’analyser les options de retraite qu’il lui restait, Taël aperçu plusieurs bataillons de Gardes du Lion en armes qui se ruait vers la plage, où d’autres abominations remontaient désormais des tréfonds de l’océan. Les forces se mettaient en place, et l’heure de défendre chèrement sa vie approchait à grands pas…

À suivre … 

Taelyck


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